Les 5 états d’une civilisation qui entre dans l’ère des coopérations
Depuis plus d’un siècle, la représentation la plus célèbre de l’évolution humaine est la pyramide des besoins proposée par Abraham Maslow.
Cette pyramide décrit une progression individuelle : satisfaire d’abord les besoins physiologiques, puis la sécurité, l’appartenance, l’estime et enfin l’accomplissement de soi.
Mais que se passe-t-il lorsque ce modèle devient le fondement d’une organisation collective de la société ?
Peu à peu, la pyramide des besoins peut se transformer en pyramide de pouvoir : une organisation hiérarchique où la compétition pour l’accès aux ressources domine.
Cette logique a façonné une grande partie de nos institutions modernes : économie de concurrence, concentration du pouvoir, exploitation des ressources naturelles.
Aujourd’hui, de nombreux signaux montrent que ce modèle atteint ses limites. La dégradation des écosystèmes, les tensions sociales et les crises climatiques indiquent que notre civilisation traverse un moment charnière.
Et si nous vivions en réalité un changement de cycle ?
Non pas la fin de l’histoire, mais le passage d’une civilisation fondée sur la compétition à une civilisation fondée sur les coopérations et la coresponsabilité.
Dans cette perspective, la pyramide laisse place à une autre représentation : des cercles de coopérations, où l’humain devient acteur conscient et cocréateur de son devenir.
Ce passage peut se comprendre à travers cinq états de transformation collective.
1 — L’ouverture d’esprit
Le premier basculement de conscience
Toute transformation commence par une étape simple mais décisive : l’ouverture d’esprit.
Il s’agit d’accepter que le modèle dominant — fondé sur la compétition et la séparation — n’est peut-être pas l’horizon indépassable de l’humanité.
Ouvrir son esprit, c’est reconnaître que d’autres formes d’organisation sont possibles : coopérations, partage des ressources, gestion des communs, régénération des territoires.
C’est aussi comprendre que les crises actuelles ne sont pas seulement des problèmes techniques, mais les symptômes d’un changement de paradigme en cours.
2 — La connexion à autrui
Sortir de l’illusion de la séparation
Lorsque l’esprit s’ouvre, une deuxième transformation devient possible : la reconnexion.
Dans le modèle de la compétition, les individus sont souvent isolés les uns des autres, mis en rivalité pour l’accès aux ressources.
Dans une société de coopérations, la relation devient au contraire la base de l’organisation collective.
Les citoyens redécouvrent leur capacité à agir ensemble : jardins partagés, forêts comestibles, coopératives alimentaires, initiatives locales, réseaux d’entraide.
La coopération n’est pas une idée abstraite : elle naît d’abord de la rencontre entre les personnes.
3 — La vision créatrice
Imaginer de nouveaux possibles
Lorsque les individus se reconnectent, un nouvel espace s’ouvre : celui de la vision. Par le dialogue et la pédagogie, cette dernière peut alors devenir une vision commune partagée, nouveau socle du bien vivre ensemble.
Les sociétés humaines se transforment toujours lorsque de nouvelles visions émergent, notamment par des visions économiques, sociales ou territoriales générant de la valeur pour le plus grand nombre.
Aujourd’hui, ces visions prennent souvent la forme de projets régénératifs :
- territoires nourriciers
- villes éponges
- autonomie alimentaire locale
- restauration des paysages et des cycles de l’eau.
La vision créatrice permet de dépasser la logique de gestion de crise pour entrer dans une dynamique de création d’avenir.
4 — La cocréation par l’intention
Agir ensemble pour transformer les territoires
Une vision ne suffit pas. Elle doit se traduire en actions.
La cocréation apparaît lorsque citoyens, collectivités, associations et acteurs économiques coopèrent pour transformer concrètement leurs territoires.
Il ne s’agit plus seulement de participer, mais de cocréer.
Les habitants deviennent alors coresponsables du devenir de leur territoire.
Cette dynamique marque le passage d’une société verticale à une société plus horizontale et coopérative.
5 — L’abondance par le partage équitable
L’économie des communs
Lorsque les coopérations s’installent durablement, une nouvelle forme d’abondance devient possible.
Contrairement à l’idée reçue, l’abondance ne naît pas de la compétition permanente, mais souvent du partage intelligent des ressources.
Les communs — eau, sols, semences, connaissances — peuvent être gérés collectivement pour le bénéfice de tous.
Dans cette logique, l’économie cesse d’être une lutte pour l’accès aux ressources et devient un système de répartition équitable et responsable.
Des territoires vivants
Lorsque ces cinq transformations se déploient, leurs effets deviennent visibles dans les paysages.
La restauration du chemin de l’eau dans les territoires, la régénération des sols et le développement de paysages nourriciers sont autant de signes d’un nouveau rapport entre les sociétés humaines et le vivant.
Car au fond, la question est simple :
l’état de conscience d’une société finit toujours par dessiner ses territoires.
Prendre soin : la clé du changement de civilisation
Au cœur de cette transformation se trouve une valeur simple et universelle : prendre soin.
Prendre soin de soi.
Prendre soin de l’autre.
Prendre soin de la Terre.
C’est cette vision qui anime l’association Les Cercles Vertueux, support de l’Université Francophone de l’Autonomie Alimentaire et coproductrice du film Cultiver la pluie.
Car restaurer les paysages commence toujours par une transformation plus profonde : celle de notre manière d’habiter la Terre.
Et la bonne nouvelle est que ce monde des coopérations est déjà là. Il suffit d’organiser la projection du film Cultiver la pluie dans sa commune pour en discuter localement et se rendre compte que les solutions existent. Elles sont déjà à l’œuvre. Qui participe ?
Pour aller plus loin, découvrez le livre enquête « Cultiver la pluie et restaurer le chemin de l’eau » publié aux éditions Terre vivante.
PS – Le film est disponible pour des ciné-débats, les colloques, salons ou festivals, pour tout souhait de projection publique telle que salle municipale, cinéma, association, lycée ou autre, prendre contact avec Sabine à : lescerclesvertueux@proton.me
#Terrevivante
#Cultiverlapluie