Chaque année, et particulièrement en ce mois de février 2026, les crues soudaines frappent plus durement nos territoires : routes emportées, centres-bourgs sinistrés, exploitations dévastées. On parle de « catastrophes naturelles », comme si le phénomène était inévitable.
Pourtant, dès 1876, un penseur majeur du XIXᵉ siècle posait un diagnostic étonnamment moderne. Dans Le Massif du Mont-Blanc (Paris, J. Baudry, 1876), Eugène Viollet-le-Duc consacre un chapitre entier à « l’influence des travaux de l’homme sur l’économie des cours d’eau ». Son constat est saisissant : les inondations ne sont pas seulement un caprice du climat, mais souvent la conséquence de notre méconnaissance des lois naturelles qui régissent les paysages vivants.
Il écrit ainsi : « Va-t-il chercher la cause de ce qu’il appelle un cataclysme ? Non, il s’en prend à la Providence, il relève ses digues… puis il attend que le fait, conséquence de lois qu’il n’étudie pas, se renouvelle. » (Le Massif du Mont-Blanc, chap. XII, p. 244). Et cette phrase, véritable bombe intellectuelle : « Les inondations périodiques (…) ne sont qu’une conséquence de l’application de ces lois ; c’est donc à nous de les connaître et de les faire tourner à notre profit. » (ibid., p. 244).
Viollet-le-Duc décrit déjà, avec une précision stupéfiante, les effets de la destruction des forêts protectrices, du drainage des zones humides, de la rectification des torrents et de l’accélération brutale des écoulements.
Un pionnier oublié de la doctrine RTM
On réduit souvent Viollet-le-Duc à l’architecte de Notre-Dame. Pourtant, il est aussi l’un des premiers penseurs modernes du lien entre forêt, eau et stabilité des montagnes.
✔️ Il comprend avant l’heure que déforestation → érosion → destruction des sols → dérèglement hydrologique.
✔️ Il documente ravines, torrents, cônes de déjection, glissements : un traité fondateur de restauration écologique.
✔️ Il propose déjà des solutions : reboiser, stabiliser, restaurer les équilibres hydrologiques.
Il anticipe, 20 à 30 ans avant sa mise en œuvre, ce qui deviendra la Restauration des Terrains en Montagne (RTM) par les lois du 28 juillet 1860 et 8 juin 1864 sur le reboisement et le gazonnement des montagnes !
Un siècle et demi plus tard, ces intuitions rejoignent les approches contemporaines de l’hydrologie régénérative : ralentir l’eau, restaurer les sols, réhydrater les territoires, reconstruire des paysages capables de retenir plutôt que de subir. Un aspect essentiel pour la résilience alimentaire et la sécurité publique des territoires.
C’est exactement ce que montre le film documentaire de Marc Khanne « Cultiver la pluie » : des solutions existent, concrètes, accessibles, déjà à l’œuvre sur le terrain.
Peut-être est-il temps, comme le suggérait Viollet-le-Duc, non plus de contrarier la nature… mais de renouer avec son intelligence.
« Qui, dans vos communes, travaille déjà à ralentir l’eau ? »
Si des élus ou collectivités souhaitent organiser une projection-débat autour de ces solutions, le dialogue est ouvert.
Le film est disponible pour des ciné-débats, les colloques, salons ou festivals, pour tout souhait de projection publique telle que salle municipale, cinéma, association, lycée ou autre, prendre contact avec Sabine à : lescerclesvertueux@proton.me
Bien à vous,
François Rouillay
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